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lundi 24 août 2015

Réchauffement climatique

Comment gérer le réchauffement climatique dans les vignes d'ici une trentaine d'années ?

L'augmentation des températures va à terme se faire sentir de manière plus ou moins accentuée sur les vins : un des principaux corollaires risque d'être une augmentation des taux de sucre et donc d'alcool potentiel, accompagné d'un abaissement des taux d'acidité et donc de fraîcheur des vins.

Depuis toujours, une maturité optimale des raisins était recherchée ; et pour cela une des techniques consistait à effeuiller la vigne afin d'exposer les raisins au maximum. C'est désormais le contraire qui sera recherché en gardant plus de feuilles pour mettre les raisins à l'ombre. D'autres techniques sont envisagées comme le greffage sur des porte-greffes dont la maturité est plus tardive ; ceci pourrait retarder l'avancement de maturité des raisins et permettre de les cueillir avec moins de sucre et plus d'acidité.

Mais les pistes les plus souvent évoquées consistent à changer l'encépagement dans certains vignobles.

Le Conseil Interprofessionnel des Vins de Bordeaux s’est récemment déclaré favorable à une modification de la réglementation permettant l’introduction, à titre expérimental, de cépages étrangers aux Appellations d'origine contrôlée (AOC) pour faire face au réchauffement climatique.

Ainsi à Bordeaux dans le Libournais (Pomerol, Saint-Emilion etc) le remplacement du merlot - le cépage de prédilection dans ces appellations - est envisagé au profit du cabernet sauvignon et du cabernet franc. La raison est simple, le merlot arrivant plus vite à maturité, les vignerons sont confrontés à des raisins très mûrs et même trop mûrs (avec beaucoup d'alcool). Les cabernets plus tardifs sont censés remédier à ces aléas climatiques.

Petit reportage en suivant ce lien

Un changement de typicité est à envisager dans les vins de cette zone viticole qui vont peut-être ressembler de plus en plus aux vins issus des cabernets comme par exemple les vins du Médoc et du Haut-Médoc ; une autre question se pose également : est ce que les sols du Libournais sont adaptés à accueillir les cabernets et à favoriser leur maturité ?

Les questions restent entières et ne risque-t-on pas de gommer les différences de typicité entre ces régions ? Probablement que oui, mais il doit y avoir urgence pour envisager principalement ces solutions. A quand la syrah en Alsace ?

Il est quelque peu inquiétant de constater que les principales solutions envisagées sont de l'ordre de l'adaptation de la vigne aux nouvelles conditions climatiques. On pourrait aussi s'atteler au problème du réchauffement climatique par d'autres biais.

L'allègement du poids des bouteilles, l'abandon des produits à fort impact environnemental sur le climat pourraient aussi être des pistes à creuser.

Bonne dégustation

 


mardi 21 mai 2013

Changement climatique

Deux articles traitant du changement climatique viennent de paraître dans le journal Le Monde du 2 mai.

Ils sont intéressants à plus d'un titre. Je résume.

Un scientifique américain Lee Hannah dans une étude publiée début avril 2013 prédit que la vigne se réduirait de 68% en Europe d'ici 2050 à cause du réchauffement climatique.

Le Chili, la Californie, l'Australie et les régions les plus méridionales de l'Europe vont être touchées à divers degrés mais de manière très sensible avec dans les cas les plus extrêmes, disparition des vignobles. Par contre, l'Europe du nord tout comme le nord des Etats Unis ou encore la Nouvelle-Zélande devraient devenir des acteurs majeurs de la production viticole mondiale.

L'étude a suscité plusieurs réactions dont celle de chercheurs européens qui sans contester la pertinence de l'étude de Lee Hannah l'ont un peu amendée.

Il n'en reste pas moins que de nombreuses études et projets se penchent sur la question. C'est notamment le cas de l'INRA et deson projet Laccave regroupant les travaux de chercheurs européens et qui propose des stratégies d'adaptations aux changements climatiques.

Parmi les solutions envisagées, on peut retenir celles qui consistent à planter les vignes plus en altitude pour rechercher de la fraîcheur, à changer les modes de conduites de la vigne (effeuillage ou éclaircissage de la vigne) afin de modifier l'avancement de la maturité des raisins ou encore d'introduire dans des proportions variables, d'autres cépages (variétés de raisins) non autochtones mieux adaptés à la chaleur. L'Organisme de défense et de gestion des appellations Bordeaux et Bordeaux supérieurs a fait la demande à l'Institut national de l'origine et de la qualité de pouvoir faire des expériences avec de nouveaux cépages.

Au sud de Bordeaux à Villenave d'Ornon une parcelle de vigne d'un demi-hectare, appelée "parcelle 52" a été plantée en juillet 2009.

52 cépages ont été plantés avec des variétés plus "sudistes" que les bordelaises que sont  le cabernet sauvignon, le cabernet franc ou encore le merlot. On y trouve entre autre de la syrah, du mourvèdre, du grenache ou du tempranillo (cépage espagnol).

Cette étude qui s'inscrit dans le temps a pour but d'observer le comportement des cépages dans l'environnement bordelais d'un point de vue physiologique d'une part ; mais aussi, et cela au travers de micro vinifications, de tester la qualité des vins produits dans cette parcelle, avec des cépages qui pour l'instant ne sont pas encore bordelais.

Pas de panique, mais on ne sait jamais...

Bonne dégustation